Accueil Culture «Hallucinations» de Mohamed Abdalla : Hallucinations théâtrales

«Hallucinations» de Mohamed Abdalla : Hallucinations théâtrales

L’adaptation sur scène et la direction de bout en bout du classique «Le marchand de Venise» de William Shakespeare marquera sans doute le grand retour du dramaturge et metteur en scène égyptien, Mohamed Abdalla, après 12 ans d’absence. Une nouveauté en cours de création qui s’ajoutera au théâtre arabe, plus précisément au théâtre de mimes….

Soutenu par «Al Hanager Art Center» au Caire, la création est actuellement en cours de concrétisation. Les répétitions se succèdent depuis peu… Dernière ligne droite avant la présentation de ce spectacle de mimes, caractérisé par «le silence» et dans lequel le langage corporel prime. Une création qui se distinguera, produit par «le théâtre étatique» cairote. A l’affiche Omar Aze, Abdallah Soltane, Abd Errahmen Kadhi, Nesma Adel, Mootassam Chaabane, George Faouzi, Mostapha Hazzine, sans oublier Rim Issam et Amira Ibrahim.      

Le metteur en scène déclare que ce travail sera amplement ancré sur le théâtre noir, le langage corporel, le théâtre mimique, gestuel et celui de la pantomime. Il laisse libre cours au langage du corps et aux capacités physiques des acteurs et actrices plutôt qu’au texte. L’expérience s’annonce d’emblée exceptionnelle et inédite et est un hymne à la consolidation des relations humaines, un éloge à l’Humain dans son sens le plus large, et au tiraillement de ce dernier, entre l’amour, la haine, le respect, l’amitié…  autant de notions qui s’entrechoquent et se complètent. Une dramaturgie sur scène qui a mis d’ailleurs 12 ans à voir le jour sur scène : un travail qui a commencé depuis 8 mois.       

Quant au titre «Hlaawess» en jargon arabo-égyptien, le metteur en scène justifie ce titre autour des hallucinations par leur présence omniprésente, constante dans la vie de chaque individu : son quotidien, son subconscient, ses prises de position, ses décisions, ses choix. Ils poussent l’individu à s’interroger, à douter, à questionner son vécu dans ses différents aspects. Les hallucinations hantent les rêves et la réalité, habitent les dits et les non-dits. Elles interfèrent dans la concrétisation des décisions et dans l’avenir que se trace une personne lambda. C’est ce que promet de décortiquer le spectacle de Mohamed Abdalla sur scène…

Mohamed Abdalla déclare à quelques médias, en amont de la présentation de son spectacle attendu, que, concernant la sélection de ses acteurs, il ne visait pas forcément des acteurs ou des comédiens professionnels. Le casting était large et très ouvert à différents artistes égyptiens de scène. Abdalla souligne que l’interprétation des acteurs dans un théâtre de mime diffère totalement du théâtre verbal et classique et que le travail, demandé derrière, est bien plus important et précis puisque c’est le corps qui s’exprime en premier. «Je dirige les acteurs en me basant sur leur sens, leur gestuel, leur physique»,  déclare-t-il, «j’extériorise leur ressenti».         

La pièce est librement adaptée du «Marchand de Venise», le classique de Shakespeare, certes, mais, Abdalla ne vise pas à présenter une autre version de ce chef-d’œuvre et n’aspire même pas à la lire différemment. Mettre en relief et raconter les relations humaines émanant de ce classique autrement, c’est ce qui importe… 12 ans afin de concrétiser ce travail sur scène était pour Mohamed Abdalla un défi, un travail de longue haleine.

C’est pour lui, en premier lieu, un hommage à la résistance et au savoir de ces artistes. «Hallucinations» a été coréalisée par Maroua Hacen, Youssef Hani et Basma Narouz. Mohamed Abdalla s’est chargé de la musique aussi. Ahmed Najdi et Mostapha Hazine ont participé au coaching intensif des acteurs. La première aura lieu dans les semaines qui viennent.

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